Une douleur sourde et intermittente ressentie en bas de l’abdomen, qui survient surtout le soir lorsque vous êtes assis ou allongé sur le canapé, est une plainte fréquente. Elle peut avoir des causes très variées, allant de troubles digestifs bénins à des affections gynécologiques, urinaires ou musculo‑squelettiques nécessitant une prise en charge. Cet article explique les causes possibles, propose des mesures d’autosoins, décrit les signes d’alerte et indique quand consulter un professionnel de santé.
Causes courantes selon l’origine
Origine gynécologique
Chez les personnes ayant un utérus, des douleurs basses peuvent être liées aux règles (dysménorrhée) : crampes sourdes apparaissant avant ou pendant les règles et s’atténuant avec la fin des saignements. L’ovulation peut aussi provoquer une sensation ponctuelle de tiraillement (mittelschmerz). Les kystes ovariens, une torsion d’ovaire ou une grossesse extra‑utérine donnent en général des douleurs plus unilatérales et souvent plus intenses. Les infections génitales ou pelviennes (salpingite, maladie inflammatoire pelvienne) s’accompagnent souvent de pertes anormales, fièvre et douleur à la mobilisation.
Origine digestive
Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une cause fréquente de douleur sourde, souvent associée à des ballonnements, des gaz, et des modifications du transit (diarrhée ou constipation). La constipation chronique entraîne une sensation de pression et de lourdeur en bas‑ventre qui s’aggrave en fin de journée. Une gastro‑entérite, des coliques ou une diverticulite peuvent provoquer des douleurs persistantes et parfois de la fièvre.
Origine urinaire
Une infection urinaire basse (cystite) provoque généralement des brûlures à la miction, des envies fréquentes d’uriner et une gêne en bas‑ventre. Si l’infection concerne les reins (pyélonéphrite), la douleur devient plus sourde et intense, souvent accompagnée de fièvre et de frissons.
Origine musculo‑squelettique
Des tensions musculaires du plancher pelvien ou des muscles abdominaux après un effort physique, ou une mauvaise posture prolongée (se tenir affaissé sur le canapé) peuvent provoquer une douleur sourde qui augmente le soir. Des lombalgies ou des problèmes de disques pouvant irradier vers l’aine doivent aussi être envisagés.
Signes d’alerte : quand consulter en urgence
S’il existe un doute, mieux vaut consulter rapidement. Adressez‑vous aux urgences ou consultez votre médecin sans délai si vous présentez l’un des signes suivants :
- Douleur brutale, très intense ou qui s’aggrave rapidement.
- Fièvre élevée (> 38 °C) ou frissons associés à la douleur.
- Vomissements continus ou incapacité à boire.
- Saignement vaginal inhabituel ou suspicion de grossesse avec douleur.
- Douleur très localisée et brutale d’un côté (signe possible de torsion d’ovaire).
- Sang dans les urines ou impossibilité d’uriner.
- Signes de malaise général : faiblesse extrême, évanouissement, sueurs froides.
Éléments à noter avant la consultation
Préparer quelques informations aide le praticien à poser le diagnostic :
- Localisation précise : milieu, droite, gauche, irradiations.
- Intensité sur une échelle de 0 à 10 et nature de la douleur (sourde, crampe, coup de couteau).
- Moment d’apparition : liée aux règles, après un repas, après un effort, en position assise.
- Durée et fréquence : intermittente ou continue, s’améliore ou s’aggrave la nuit.
- Symptômes associés : fièvre, nausées, vomissements, diarrhée, constipation, troubles urinaires, pertes vaginales.
- Antécédents médicaux et traitements en cours (contraception, anticoagulants, antécédents chirurgicaux abdominaux).
Mesures d’autosoins à court terme
Si la douleur est modérée et sans signes rouges, plusieurs mesures simples peuvent aider :
- Repos, éviter les efforts physiques intenses et les positions prolongées inconfortables.
- Hydratation régulière et alimentation légère. Éviter les aliments très gras ou épicés qui favorisent les ballonnements.
- Application d’une bouillotte tiède sur le bas‑ventre pour détendre les muscles.
- Antalgiques : le paracétamol est généralement sûr pour calmer la douleur si vous respectez la posologie. Éviter les anti‑inflammatoires non stéroïdiens (AINS) si vous suspectez une infection, un saignement ou si vous prenez des anticoagulants, sans avis médical.
- En cas de constipation : augmenter fibres et hydratation, activité physique douce et, ponctuellement, un laxatif doux si nécessaire après avis médical.
Examens possibles chez le médecin
Pour préciser l’origine, le médecin pourra réaliser :
- Un examen clinique abdominal et pelvien.
- Une bandelette urinaire et/ou un ECBU pour rechercher une infection urinaire.
- Une prise de sang (NFS, CRP) si une infection ou une inflammation est suspectée.
- Une échographie abdominale ou pelvienne (transvaginale chez la femme) si une origine gynécologique est envisagée.
- Un test de grossesse urinaire ou sanguin chez toute personne en âge de procréer présentant des douleurs pelviennes.
Prévention et conseils long terme
Pour réduire la fréquence des douleurs basses :
- Adoptez une alimentation riche en fibres, hydratez‑vous et faites de l’exercice régulièrement pour prévenir la constipation.
- Travaillez votre posture et faites des pauses si vous restez assis longtemps ; des étirements du dos et du bassin peuvent soulager les tensions.
- Si vous avez des cycles menstruels douloureux, parlez‑en à votre gynécologue : des traitements hormonaux ou antidouleurs spécifiques peuvent être proposés.
- Consultez rapidement en cas de changements dans l’intensité ou la nature des douleurs ou si elles interfèrent avec la vie quotidienne.
En résumé
Une douleur sourde en bas‑ventre le soir est souvent bénigne et liée au transit, à la posture ou aux cycles menstruels, mais peut résulter d’affections nécessitant une prise en charge. Notez la localisation, la nature et les signes associés, adoptez des mesures simples (repos, hydratation, paracétamol) et consultez votre médecin si la douleur persiste, s’aggrave ou s’accompagne de signes d’alerte. En cas de doute, il est préférable de demander une évaluation médicale rapide.